Bobby Chinn : Le tour du monde en papilles

Aujourd’hui, on va parler goût, saveurs, mélanges… En résumé, on va parler cuisine et pas avec n’importe qui ! Mais qu’est-ce que Bobby Chinn vient faire sur le blog de Roadsign ? C’est simple : partager sa gourmandise de la découverte, du partage, de l’authenticité, du voyage. En route !

[ CV express d’un touche-à-tout sans frontières ]

Pour celles et ceux qui n’ont pas encore lu les nombreux articles consacrés à Bobby dans le monde entier, tentons une rapide présentation de ce Chef atypique et attachant. Ayant vu le jour en Nouvelle-Zélande d’un père sino-américain et d’une mère égyptienne, ce gamin est né globe-trotter. Aller à l’école à Auckland, au Caire, à Londres et à San Francisco, ça forge votre regard sur le monde, ses odeurs, ses saveurs. Un ADN de voyageur et une curiosité qui l’ont aussi conduit à s’inscrire à l’institut français de cuisine de New-York, à apprendre l’improvisation et à résider quelques temps au Holy City Zoo, influent Comedy Club de San Francisco. Cherchant sa voie, il fera aussi un détour par la bourse de New-York avant d’opter définitivement pour la cuisine. Il se résume ainsi «devenu Chef par accident mais né voyageur ». Bobby n’a aucune frontière, n’appartient à aucun groupe et parvient à s’intégrer partout. Elevé en dehors de tous préjugés, il dit avoir toujours vécu à la croisée des chemins.

« Je préfère m’attacher à nos points communs qu’à nos différences d’autant que tout petit, j’étais très différent des autres enfants ».

Et s’il est un point commun à toutes les contrées, un moyen de partager le quotidien et de s’imprégner d’une culture locale, c’est bien la cuisine.

[ L’assiette, l’écran, le partage ]

Tour à tour serveur, commis ou bras droit, Bobby n’a pas planifié de devenir un chef célèbre. Son ambition est d’abord de rendre heureux ses convives avec des choses simples et d’y mettre un grain de folie. Pas si facile de sortir des sentiers battus de la gastronomie, surtout en occident. C’est un conseil avisé de son père d’origine asiatique et l’envie d’un véritable espace de création culinaire qui le mènent dans les années 90 au Vietnam et il devient en peu de temps une star de la cuisine dans toute l’Asie et au Moyen-Orient. Depuis, Bobby est aussi revenu ouvrir un fameux restaurant à Londres, revendu depuis et s’attelle à de nouveaux projets. Passionné, Bobby Chinn créé sans cesse de nouveaux plats qu’il marque de sa patte, inspiré par une formation classique à la Française et ses expériences culinaires les plus insolites aux quatre coins de la planète.

« En cuisine, j’emprunte des petites choses de partout, je les associe et ça donne souvent des plats intéressants qui rappellent les cultures dont je me suis inspirées. Ce n’est pas compliqué ».

Bobby suit son mantra, sa formule magique qui en anglais est KISS pour « Keep It Simple Stupid ». Energique, drôle et parfois insolent, Bobby Chinn s’est presque naturellement trouvé à la tête d’un show TV (culinaire bien sûr) en Asie mais aussi aux manettes d’une série de reportages diffusés en France sous le titre de « Traditions et saveurs » qui ont fait le tour du monde via les chaînes Travel channel, Voyage et Discovery Channel. Dans ces épopées culinaires en Turquie, à Zanzibar, au Pérou ou en Sicile, Bobby nous entraîne sur les marchés locaux, cuisine avec les habitants dans la rue ou chez eux et s’adonne à un shopping des plus informels.

« Cela dépend vraiment du pays puisque chaque culture est différente. Je n’ai pas de plan établi, je suis le mouvement ».

Il est vrai qu’à le voir apprendre comment cuisiner la « Pasta con le sarde » sur le quai d’un port sicilien, on a l’impression d’avoir de la famille dans l’île… Sa façon de partager, l’image sincère qu’il renvoie lui valent aussi des sollicitations d’une autre nature : une mission d’ambassadeur du tourisme vietnamien en Europe, d’ambassadeur Développement durable du WWF dans le Triangle de Corail, de multiples récompenses pour ses émissions en Asie et une entrée au jury de Top Chef Moyen-Orient. Bobby peut affirmer que le voyage abolit les frontières et mène à tout.

[ La cuisine est un voyage ]

Lorsqu’on lui demande sa définition du voyage idéal, il dit « un peu planifié mais avec beaucoup de temps pour improviser ». Il ajoute qu’il veut aller au marché, lien le plus direct avec une communauté, découvrir la street-food locale.

« On m’invite souvent à dîner dans des restaurant huppés mais je préfère manger là où les gens mangent. Je peux manger un sushi partout mais je ne pourrais pas déguster un bon Banh Xeo ailleurs que dans les rues d’Ho Chi Minh ni un sublime taco ailleurs qu’à Mexico. Je veux goûter la nourriture à la source. Ne pas le faire, ce serait comme cuisiner d’après un livre de recettes sans jamais savoir quel goût ça devrait avoir ».

Son exploration de la cuisine vietnamienne dure depuis de longues années. Impossible de faire l’impasse sur ce qui la rend si différente des autres cuisines d’Asie. Bobby nous rappelle que le commerce des épices et la Chine ont fortement influencé la région et contribué à exporter le savoir-faire culinaire chinois dans le monde entier. En Asie, nombre de cultures ont su s’affranchir un peu des saveurs chinoises mais la plus unique reste la cuisine vietnamienne.

« D’abord, ils sont les seuls à utiliser partout le caramel. Certains plats ressemblent à ceux des voisins mais dans l’ensemble, le Vietnam fait une cuisine moderne, perfectionnée pendant des milliers d’années. Très régionale, durable et légère, généralement dépourvue de gluten, avec des saveurs contrastées, des couleurs et textures chaudes et froides perceptibles en une seule bouchée. Elle reste mystérieuse et très peu documentée puisque le pays et ses voisins se sont battus 1000 ans pour leur indépendance ».

Voilà pourquoi on vous parle de Bobby Chinn aujourd’hui. L’ouverture aux autres, la curiosité et le voyage sont inscrits dans ses gênes et il a choisi la cuisine pour mieux explorer le monde.

Plus d’information sur Bobby Chinn : www.bobbychinn.com

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