Family on Tracks : la maison à 6 roues qui court le monde

Ça ressemble un peu au titre d’un conte pour enfants. Mais l’histoire que l’on vous raconte aujourd’hui est vraie et peuplée de bambins qui ont bien de la chance. C’est parti !

Antoine et Quitterie sont trentenaires, lui entrepreneur, elle infirmière. Positifs et ouverts sur le monde. En 2007, ils participaient déjà ensemble au 4L Trophy et n’ont cessé depuis de sillonner la France lors de week-ends et vacances, toujours sous la tente et hors des sentiers battus. Naturellement, l’idée leur est venue d’aller se promener un peu plus loin et plus longtemps. Ce voyage au long cours de 18 mois les mènera en Afrique et en Amérique du sud à bord d’un 4×4 équipé d’une tente de toit et d’un bon matelas. Une maison à 6 roues qui peut passer (presque) partout, s’adapter aux aléas de la route et aux rencontres.

Le rêve devient réalité en septembre 2018 après une préparation minutieuse… Il faut dire qu’ils ne partent pas seuls ! Les jeunes parents vont offrir à Maxence, Inès et Louis un voyage hors norme. Ils ont 5 ans et demi, 4 ans et 2 ans et demi au moment du départ et embarquent pour l’inconnu. Ils quittent Nantes, direction le Portugal, l’Espagne puis le Maroc, point d’entrée sur le continent africain. L’aventure Family on Tracks commence par ces mots :

« 9m2, c’est la taille de notre nouvelle maison. Notre jardin, lui n’aura aucune limite. »

[ L’aventure en famille et sur mesure ]

Certes, ils ne sont pas les premiers à voyager loin avec des enfants. Mais une telle expédition pousse chacun à dépasser ses limites au quotidien et ils l’ont fait ! Pour l’anecdote (et même si leur drôle de maison est bien équipée), Quitterie vous dira que cuisiner au feu de bois pour 5 avec une poêle et une casserole pendant 18 mois est une sorte de challenge. Antoine pourrait vous raconter comment l’état de certaines pistes l’a amené à booster ses compétences en mécanique. Ils étaient prêts à déployer des trésors d’organisation, d’adaptabilité pour que les tracas matériels n’entachent pas l’exceptionnelle beauté de la découverte.

Cette balade un peu folle n’est ni un rallye, ni une course contre la montre, plutôt un road trip « sur mesure ». Le carnet de route prévoyait de longer la côte atlantique de l’Afrique jusqu’au Cap puis d’aborder le continent américain par l’Uruguay. Les circonstances ont parfois modifié le calendrier et ont conduit nos aventuriers à limiter leur voyage au seul continent africain. De la Mauritanie au Gabon, du Congo à l’Afrique du Sud, ils sont restés quelques jours ou plusieurs semaines. L’actualité les a conduits à contourner le Nigéria par la mer et une rencontre forte les a poussés à séjourner 7 semaines en Namibie. Une longue étape riche en émotions où l’hospitalité d’un couple leur a permis de participer avec les enfants à l’installation d’une pompe à eau et d’aider aux travaux d’une petite exploitation de poulets.

L’aventure passe, entre autre, par des bivouacs sauvages dans la brousse, un accueil de stars dans un pensionnat de jeunes filles en Côte d’Ivoire, un réveil brutal par des hommes armés en pleine nuit au Burkina Faso, la découverte des maisons Tata et une initiation à la cuisine locale par deux sympathiques Togolaises qui suivaient le périple sur Facebook, dix jours au cœur d’une ONG au Bénin, des levers de soleil entre palmiers et océan, de savoureux moments au cœur des vignobles d’Afrique du Sud…

Quitterie avoue s’être nourrie d’une aventure où la simplicité, l’authenticité des rencontres l’ont émerveillée et aidée à s’ouvrir plus facilement. Antoine reconnaît avoir été marqué par l’âpreté des conditions de vie et souligne l’urgence absolue à prendre en compte les réalités sociales et environnementales. Au-delà des kilomètres parcourus et du bonheur d’avoir rallié le Cap de Bonne-Espérance, c’est la fierté d’avoir transformé un rêve un peu fou en réalité et surtout d’avoir vécu cette extraordinaire tranche de vie en famille qui les rend le plus heureux. Et on le comprend aisément !

L’apprentissage du monde, version XXL ]

On vous disait dès le début que Maxence, Inès et Louis avaient de la chance. Jouer librement sur des plages paradisiaques, côtoyer les hippopotames, se baigner à Noël à Abidjan ou fêter son anniversaire au Lesotho, ça en ferait rêver plus d’un. Ils ne le réalisent peut-être pas encore mais suivre un véritable programme scolaire dispensé au quotidien par maman et ponctué de « travaux pratiques » souvent dictés par des rencontres fortuites est un véritable atout. Cet apprentissage de terrain a déjà laissé des traces que souligne Antoine :

« ils ont vu et bien compris ce qu’est la pauvreté. Ils ont rencontré et partagé avec des enfants partout, se sont étonnés de leur situation et ont été si heureux d’offrir spontanément l’un de leurs jouets en partant… Ils nous ont montré qu’ils étaient généreux, qu’ils ont une conscience de l’autre ».

Les jeunes parents se disent bluffés et enrichis par les débriefs et l’analyse des enfants face aux situations rencontrées. Est-ce grâce au voyage ou pas ? « La graine est plantée ; On ne sait pas encore ce qu’ils vont en retirer ».

[ Un retour bien pensé ]

En 2018, certains proches du couple ont été surpris par l’annonce du projet Family on Tracks mais tous ont été bienveillants. Quitterie a veillé au partage des découvertes et échanges de nouvelles par tous les moyens techniques à sa disposition. On devine déjà des retrouvailles fortes en émotions. Parmi vous, certains se demandent comment ces petits aventuriers vont reprendre ou découvrir le chemin de l’école ? Nous avons bien sûr posé la question et la réponse conjointe de Quitterie et Antoine est des plus sereines « On verra ☺ ».

Malgré leur jeune âge et le fait qu’ils étaient en maternelle au moment du départ, Inès et Maxence ont gardé contact avec leurs copains et sont impatients de les retrouver. Louis quant à lui va faire un nouveau voyage, son tempérament semble être un atout pour ce saut dans l’inconnu. En fait, ils ont anticipé en prévoyant un séjour de plusieurs mois à la campagne avec scolarité pour tous les trois dans une école comptant une soixantaine d’élèves. Une sorte de sas qui permettra aussi à leurs parents de reprendre leurs marques dans un contexte « où l’on se plaint haut et fort d’une coupure d’électricité de quelques heures à cause d’une tempête alors que l’absence d’eau et d’électricité sont le quotidien de 600 millions d’Africains ».

[ Et après ? ]

Le partage de l’aventure Family on Tracks a commencé sur le web en même temps que le voyage. Au retour, il se pourrait bien qu’Antoine et Quitterie participent à quelques conférences et évènements auxquels ils sont invités. Ils envisagent des partages associatifs de leur expérience pour aider à mobiliser sur les problématiques rencontrées et impliquer les gens dans la mise en œuvre de solutions. Rien d’autre pour l’instant, si ce n’est la belle phrase écrite sur leur blog à leur arrivée en Namibie :

« On savait que ce voyage serait fort mais on n’avait pas imaginé tout ce qu’il nous apporterait. Le plus beau voyage est sans aucun doute le voyage intérieur que nous faisons en parallèle… »

Site internet de Family on Tracks

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