Laurent Baheux, artiste photographe et ambassadeur du futur

On connaît Laurent Baheux pour l’exceptionnelle beauté de ses œuvres en noir et blanc. Face à face avec l’animal sauvage immortalisé par son objectif, on redécouvre l’esthétique naturelle de la planète. Au-delà du premier choc visuel, l’artiste nous aide à comprendre, sans violence apparente, combien la frénésie de consommation des hommes met en danger la vie sur Terre, toutes les vies sur Terre.

 

 

D’abord reporter sportif, Laurent a choisi de se consacrer à la photographie il y a vingt ans. De ses débuts en argentiques noir et blanc, il a appris à jouer sur les lumières et les contrastes pour partager la vérité de ses modèles.

Il explique ce choix « Je trouve que le monochrome facilite la lecture d’une image qui n’est pas « polluée » par les effets d’attirance ou de répulsion de certaines couleurs.»

 

Après quelques années de photos de sport et le passage au numérique, il ressent un besoin viscéral de se tourner vers d’autres sources d’inspiration, de quitter le monde urbain qui l’oppresse. Elevé à la campagne, il a toujours aimé les animaux et a longtemps rêvé d’Afrique. Sans but précis, il part à la rencontre de la faune africaine en 2002. Il saisit là, instinctivement, le Beau et le Vital.

 

 

Plus que des photos animalières, l’artiste dresse de véritables portraits de personnalités animales et sauvages.

 

Sa première exposition touche un public qui perçoit dans ces regards et ces postures les émotions et sentiments de l’animal.

Dès lors, Laurent Baheux n’est plus seulement un photographe de talent mais un militant, messager de la faune sauvage. Des images d’une beauté saisissante qui pourraient nous faire oublier le péril existant ? Il s’en défend.

 

 

« Je crois qu’il n’y a pas une seule voie pour sensibiliser… Je pense que « le beau » apporte un argument supplémentaire à la nécessité de protéger. Un peu comme si l’on disait « voilà ce que nous allons perdre si nous continuons comme ça ! ».

 

Le photographe n’a pas fait le choix d’une approche documentaire. Montrer les conséquences de la déforestation, de l’urbanisation à outrance ou du braconnage reste nécessaire mais il centre ses images sur la préciosité de la vie sauvage que l’Homme détruit cruellement.

 

 

Son engagement auprès de nombreuses organisations et associations de protection de la nature – du WWF à l’institut Jane Goodall ou One Voice – passe par le don d’images aux fins de sensibilisation. Ambassadeur de bonne volonté auprès des Nations Unies pour l’environnement, il est l’un des acteurs du programme anti-braconnage Wild and Precious lancé en 2013.

Outre les galeries et festivals, on ne compte plus les distinctions, les publications professionnelles, militantes ou grand public qui s’intéressent à son art et à son engagement.

 

Cet intérêt le conforte dans une vision lucide et remplie d’espoir. Il compare les sociétés humaines à un immense buffet auquel 8 milliards d’individus auraient accès en illimité. Une situation devenue intenable pour la planète.

« Il faut repenser toute l’activité humaine pour fonctionner de façon durable en minimisant notre impact environnemental. Le chantier est immense mais pas insurmontable. Le premier pas, c’est la prise de conscience de l’urgence absolue dans laquelle nous nous trouvons. »

Il ajoute que partout où l’homme avance, la nature recule.

 

 

« Arrêtons de penser que la planète nous appartient, que nous sommes les seuls à pouvoir en disposer. C’est le territoire et l’habitat naturel d’espèces qui, pour la plupart, étaient là avant nous. »

 

Laurent Baheux rappelle que l’homme est lui-même un animal et que tous les êtres vivants sont doués d’émotions et de sensibilité. Des années d’observation attentive lui permettent de souligner que l’espèce humaine légitime son arrogance en s’autoproclamant animal le plus intelligent de la terre. « Ça reste à prouver. Des études récentes montrent l’intelligence animale sous un nouveau jour… Ce n’est qu’un début, notre méconnaissance du monde animal est encore immense. »

 

 

Convaincu qu’une prise de conscience généralisée entraînera des actes forts, l’activiste poursuit inlassablement son combat par l’image.

Si son impressionnante bibliographie fait la part belle à l’Afrique, il met aussi en exergue l’éclatante rudesse des terres arctiques et leur faune menacée dans Ice is black. Aujourd’hui, il sillonne les Etats-Unis, l’Islande et la Mongolie pour une série consacrée aux chevaux sauvages.

 

 

Dans un récent opus intitulé Animalité, ses portraits monochromes côtoient les textes ciselés d’Audrey Jougla, également militante. Une superbe façon de nous aider à comprendre la cause animale et les raisons de leur engagement.

 

A chaque prise de vue, son objectif témoigne de l’effet papillon évoqué par Bénabar : « Petites causes, grandes conséquences. Pourtant jolie comme expression ; Petites choses, dégâts immenses ».

Sur chaque page, les photos de Laurent Baheux suscitent l’émotion et le questionnement.

 

 

Pour en savoir plus sur Laurent:

Son Twitter, Instagram, site Web…pour soutenir son action vous pouvez acheter ses photos ici.

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