Minimalisme : vivre PLUS et MIEUX avec MOINS

Ca ressemble à un sujet d’épreuve de philosophie qui pourrait donner du fil à retordre aux futurs bacheliers. Pourtant, il s’agit bien d’un thème d’actualité brûlant qui nous concernent tous. On en parle ?

Le concept de minimalisme a vu le jour au cœur de sociétés réputées pour leur richesse économique et plus particulièrement aux USA. L’assemblage de quelques mots-clés met le feu aux poudres : surconsommation, possession, réussite, futilité et gaspillage. 

[ Minimalisme vs dépendance ]

Les jeunes gens qui ont développé ce concept ressemblent à beaucoup de leurs compatriotes. Après de brillantes études, ils se sont battus pour décrocher des postes enviables. Ils passaient leur temps à gagner de l’argent, à le dépenser, à accumuler des biens de toutes sortes. Quelques années ont suffi à réaliser que posséder tout ce qu’ils désiraient ne les rendait ni heureux ni sereins.

Ils couraient après un statut social, une réussite, un sentiment de sécurité matérielle. Tous ces repères que la société consumériste semble avoir bien ancrés dans les cerveaux… Un système porté très haut depuis plusieurs décennies par la publicité. Industrie alimentaire, mode, décoration, jouets, etc. Aucun domaine n’échappe à ce processus consistant à vendre toujours plus en créant l’illusion du besoin.

Les premiers adeptes du minimalisme ont fait le choix de se délester d’objets inutiles, de simplifier leur mode de vie. Puis ils ont voulu partager leur réflexion avec un large public pour tenter de mettre fin à la culture du « toujours plus. »

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[ Junk Culture vs qualité de vie ]

Cette vision de la vie n’a rien d’extrémiste. Elle repose sur l’idée que chaque personne, chaque citoyen et consommateur peut reprendre le contrôle de sa vie en ne cédant pas à toutes les tentations. A vous de décider ce qui est important et ce qui l’est moins. De multiples questions peuvent se poser : Avez-vous vraiment besoin de 120m2 pour vivre à deux ? Vous faut-il absolument 15 paires de chaussures, 22 pulls, 10 pantalons et 5 manteaux pour affronter le quotidien ? Est-il indispensable d’attendre des heures pour ne pas manquer le dernier smartphone dès sa sortie ? Offrir un portable ou une tablette à un enfant de 5 ans est-il vraiment nécessaire ? Faut-il changer complètement la déco intérieure deux fois par an ? La liste n’est pas exhaustive et dépend de vous.

Cette dépendance aux nouvelles tendances si habilement orchestrées favorise les achats compulsifs. La frénésie de dépenses conduit d’éminents sociologues à constater qu’aujourd’hui « on a beaucoup plus d’espace qu’avant mais jamais assez de place ».

Bien entendu, il n’est pas facile de choisir les objets dont on pourrait se passer mais il semble que la démarche apaise et libère l’esprit. Prendre ses distances avec le consumérisme et savoir déconnecter en n’actualisant pas son statut sur les réseaux sociaux chaque jour, c’est aussi se protéger du stress des stimulations permanentes.

Etre minimaliste, c’est préférer la qualité à la quantité, ne pas vivre à crédit juste pour rester dans le ton, privilégier la location ou le prêt à l’achat quand c’est possible mais surtout réapprendre à prendre son temps, préférer la richesse humaine à la richesse matérielle. 

Pas question de revenir à l’âge de pierre, juste de se contenter d’un peu moins, de profiter de bonheurs simples (et moins onéreux). Beau programme qui séduit, le courant prend de l’ampleur. On sait d’ailleurs que beaucoup d’entre nous sont déjà minimalistes sans le savoir.

[ Minimalisme et pauvreté ]

Certains pensent qu’un tel mouvement ne peut concerner que des « riches ». C’est à la fois vrai et faux. Partout dans le monde, les populations les plus démunies ou très modestes ont pour unique souci de subvenir à des besoins vitaux. La pleine conscience de ce fait compte parmi les motivations des adeptes du minimalisme.

Il leur semble tout à fait normal de vouloir améliorer sa situation matérielle, de chercher à accéder au confort et au bien-être lorsque l’on n’a presque rien. Il leur semble indécent de multiplier la possession de biens inutiles juste parce qu’on en a les moyens financiers. Réduire le fossé entre le nécessaire et le superflu, rééquilibrer la donne à grande échelle en consommant autrement fait partie de leur vision de l’avenir. Est-ce utopiste de penser que l’attitude des consommateurs nantis peut influer sur les conditions de vie de travailleurs pauvres ici et ailleurs ?

[ Hyperconsommation vs responsabilité individuelle ]

Naturellement, le minimalisme pourra jouer – à moyen terme – un rôle décisif sur l’environnement. A l’instar des Tiny Houses (maisons miniatures et le plus souvent mobiles) qui se multiplient aujourd’hui au-delà des Etats-Unis, décider de ne plus acheter quantités d’objets de pacotille ou tendance fabriqués à bas coût et acheminés depuis le bout du monde servira la planète. Moins de longs trajets, moins de pollution, moins d’exploitation de certaines ressources et des populations.

« Aujourd’hui, l’identité humaine n’est plus définie par ce que l’on fait mais par ce que l’on possède » disait le président et Prix Nobel de la Paix Jimmy Carter il y a plus de 30 ans. 

Etre minimaliste, c’est juste refuser de construire sa vie sur l’envie et la convoitise, transmettre des valeurs durables à nos enfants. Redéfinir les notions de réussite, d’argent, de relations humaines.

Roadsign se reconnaît bien dans cette volonté de préférer le partage et la passion à la possession. L’idée fondatrice du minimalisme c’est « Aimer les gens et utiliser les choses, pas le contraire ! »

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