Roadsign School Development Program : 8ème pari réussi !

Presque 5 ans que l’on ne vous a pas parlé ici de notre implication dans l’ouverture d’écoles en Inde. Pourtant, nous n’avons jamais baissé les bras et la 8ème école primaire publique de notre programme a ouvert en février 2020 dans la région de Bangalore. Un évènement de taille que nous évoquons avec Wolfgang Paul, Président de Roadsign pour l’Europe, qui avait fait le voyage…

[ Un vaste projet collaboratif ]

Si vous connaissez Roadsign, c’est en grande partie grâce à lui. Avec l’amitié et dans les pas du fondateur australien Roger Carthrew, Wolfgang fait vivre la marque en France et en Europe depuis quelques décennies. Il a parcouru le monde sous sa bannière et veille encore à partager nos valeurs fondatrices partout où c’est nécessaire et possible. Possible, c’est un mot qui revient souvent lorsqu’il évoque ce programme :

« Roadsign finance la construction d’écoles mais rien ne serait possible sans la coopération des Rotary clubs de Wessling et Bangalore, l’engagement personnel de Marcus Burgold (PDG de Jansen Fashion Group), celui de Brigitte et Guido Koch et de nos licenciés européens. »

Facile de ressentir qu’il admire et se sent porté par leur engagement sincère ! Puis naturellement, Wolfgang Paul met l’accent sur la formidable implication du Rotary club de Bangalore. Le maître d’œuvre, le responsable de ce programme de développement, c’est Sridhar Chari. Professionnel du textile, membre du Rotary et engagé auprès de la Chambre de Commerce Indo-allemande, il dit modestement jouer un rôle de rassembleur, de facilitateur pour « offrir » l’école à des gamins qui n’y ont pas accès. Le soutien sans faille et l’implication du docteur Elizabeth Cherian Paramesh, Présidente du Rotary Bangalore dans ce projet ont aussi permis d’inaugurer, le 15 février dernier, une nouvelle école dans le village de Rayasandra. Une démarche forte, de l’inventivité, du temps, des savoir-faire, de l’énergie déployés au service d’un objectif majeur pour l’Inde.

[ Eclaircir l’horizon de 350 millions de gosses ]

Oui, près de 30% de la population indienne a moins de 14 ans. Tout semble démesuré à l’échelle de ce pays-continent qui abritera 1,5 milliards d’habitants dans 10 ans. L’Inde est fédérale avec 28 états et seulement 7 territoires administrés par le gouvernement central. 70% de la population vit en zone rurale et même si l’enseignement est obligatoire de 6 à 14 ans depuis 2010, l’absence d’écoles primaires publiques à proximité et leur état de délabrement privent des régions entières d’éducation. L’Etat forme et rémunère les enseignants mais ne peut pas assumer l’entretien des écoles et encore moins en construire dans des zones reculées. Dans les grandes villes, les écoles privées, onéreuses et sélectives ne sont accessibles qu’à peu d’enfants.

Dans les campagnes, on préfère parfois l’aide des enfants aux tâches domestiques ou agricoles que des heures de marche quotidienne pour aller et revenir de l’école où 80 enfants de tous âges assis par terre dans l’unique pièce, écoutent plusieurs instituteurs abordant des sujets différents en même temps… Le décor est planté. On pourrait ajouter que l’accès au secondaire est réservé à certaines classes sociales et les diplômes de qualité très variable. L’enjeu est crucial et Roadsign a choisi de contribuer à donner les enseignements de bases au plus grand nombre.

[ Rotary Roadsign Gvt Higher Primary School ]

Un intitulé joliment affiché sur la façade et dont nous sommes fiers… Le 15 février fût une fête très colorée qui a rassemblé le village de Rayasandra tout entier. Les salles de classe accueilleront à terme 100 enfants par tranche d’âge et sur 7 niveaux, « sans oublier la Nalli Kalli, grande salle dédiée aux apprentissages où les jeunes explorent et développent de multiples formes d’intelligence » précise Sridhar Chari.

Comme dans toutes les écoles Rotary Roadsign, l’éducation sanitaire est importante. Ici, on trouve toilettes filles et garçons, cuisine et réfectoire, bureaux d’écoliers, jeux extérieurs et accès à l’eau potable pour lequel il a fallu beaucoup creuser à 70m de profondeur et installer une station d’épuration. Des biens précieux pour tous ses enfants habitués à vivre sans eau. En parallèle, le programme mondial d’hygiène (Wash IN Schools project) porté ici par le docteur Cherian trouve toute sa place.

Wolfgang Paul précise « Depuis la première demande d’aide au gouvernement en 2006, les acteurs locaux et partenaires ont travaillé tous ensemble pour concrétiser le projet ». Collier de fleurs autour du cou, sourire aux lèvres, on devine sur les photos de l’évènement qu’il faisait partie des invités d’honneur. Ce qu’il ne nous dit pas, nous l’avons appris par un message de la Présidente du Rotary Bangalore le jour J : « Merci Monsieur Wolfgang Paul d’avoir volé depuis Paris pour être présent à l’inauguration. Votre présence a un très fort impact».

[ Le charme et la fragilité d’un pays de contrastes ]

Enjoué, Wolfgang nous en apprend beaucoup à travers quelques anecdotes et faits vécus en Inde. Il souligne des « contrastes fous », une grande simplicité et l’absence d’orgueil. Une façon d’être toute indienne comme celle du PDG d’un célèbre groupe textile exportant dans plus de 44 pays, qui vit et travaille en plein désert et vous reçoit pieds nus. Ou encore Bangalore qui abrite 60.000 collaborateurs de Microsoft dans des buildings ultra-modernes alors qu’à moins de 2 heures de route, il n’y a ni eau ni électricité. Il affirme qu’un mariage privé peut facilement accueillir 25.000 invités façon Bollywood mais confirme que le fossé entre privé et public est abyssal, l’abandon de nombre de régions une réalité. Il n’en faut pas plus pour accroître notre motivation à découvrir et partager le monde.

D’ailleurs, dans la lignée des refuges animaliers créés par Roger Carthrew dans le bush et après les récents incendies, Wolfgang nous révèle qu’un projet de création de nouvelles structures en Australie émerge. Ici ou ailleurs, il semble que Roadsign ait encore quelques chemins à baliser…

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