SHAMS, digital rolling stone

Papa was a rolling stone, grand succès des années 70, raconte “Là où il posait son chapeau était sa maison”. Shams n’était pas né à l’époque mais il a également choisi d’élire domicile là où le vent, les rencontres et ses envies le mènent…

Aujourd’hui, Shams est réalisateur de films, spécialisé dans l’aventure et les sports extrêmes, autonome et voyageur à plein temps. La définition même du digital nomade. Tout jeune déjà, il préférait crapahuter avec ses copains et s’est très vite essayé à l’escalade, au parapente et à la chute libre. Sa passion pour le cinéma et l’image fût aussi précoce mais « à l’époque, le web n’était pas ce qu’il est aujourd’hui et on ne savait pas vraiment comment se former ». Après quelques films d’escapades aériennes entre copains, il a dû attendre le milieu des années 2000 pour acquérir du matériel performant et accessible. Pas très motivé à l’idée d’un job sédentaire, il pousse toutefois les études jusqu’à la thèse mais avant l’épreuve finale « J’ai breaké, je perdais mon temps ». En 2010, il abandonne son doctorat pour un grand saut dans le vide !

Devenir réalisateur indépendant n’est pas une promenade de santé mais persévérant, Shams met environ un an à se faire une place. Quelques petits projets personnels, un premier contrat pour un guide de haute-montagne puis le succès d’une vidéo mettant en scène un ami parapentiste… Une marque d’équipements le contacte. Il avoue sans retenue qu’accéder seul à des clients plus conséquents est difficile mais vous allez constater qu’il a vraiment pris son envol.

[ Grandir en gardant son âme d’enfant ]

Toujours féru d’aventure, de montagne et de glisse, il suit les évènements sportifs et décroche au passage quelques récompenses, entre autres le trophée de la meilleure réalisation au Chamonix Adventure Festival en 2014 et le grand prix du Mountain Film Festival 2019. Au fil des projets, Shams fait des rencontres professionnelles et renforce des amitiés. Ce n’est pas parce qu’on est indépendant et en mouvement perpétuel que l’on n’a pas besoin des autres, au contraire ! Dans un domaine professionnel où remplir son agenda n’est pas simple, fédérer les savoir-faire et se donner les moyens de partager des projets avec des personnes de confiance est un atout. Shams a eu l’idée de créer un collectif de pros, le Big Kids Cartel. Réalisateur, ingénieur du son, cameraman, éditeur, photographe, pilote de drone, opérateur cineflex et wescam, prises de vues aériennes ou sous-marines, voilà leurs spécialités. Leur point commun : ils aiment découvrir, filmer et être dehors ! Leur crédo «L’adulte créatif est un enfant qui a survécu ».

En visitant le club des amis de Shams comme on feuillette un livre d’images, on mesure la diversité des projets réalisés, des films publicitaires pour de prestigieuses marques de luxe aux séries TV et documentaires chargés de magie et d’adrénaline. Amoureux nous aussi des grands espaces, on parie que vous vous laisserez emporter par son documentaire « Sounds of Paragliding », plusieurs fois récompensé. Ensemble ou séparément, ces 11 pros font un beau voyage !

[ La vie en Van, libre comme l’air… ]

Shams (Soleil en Persan) n’est pas un pseudo mais son troisième prénom, hérité d’un père qui a vu le jour dans un train entre l’Inde et ce qui n’était pas encore le Pakistan. Un présage ? Elevé en France, le jeune homme a opté pour une vie de digital nomade en 2018. Pas pour faire un tour du monde, non. Son plan… c’est qu’il n’y a pas de plan. Un van confortable, équipé pour pouvoir y travailler et partir longtemps.

« Je suis d’abord parti en Norvège pour deux mois…. Et je ne suis jamais rentré. »


Depuis, il a traversé les coins les plus reculés d’Europe, a exploré la Turquie puis rejoint le Népal, l’Inde, le Pakistan. Il n’a ni limite géographique ni date de retour. Son autre crédo : Je ne suis pas allé partout mais c’est sur ma liste. Les lieux indescriptibles traversés, la force des rencontres qu’il évoque en quelques mots ou en photos et le projet d’un film à tourner au Pakistan, terre d’origines familiales qu’il connaît si peu, voilà ce qui le motive. Lorsqu’on évoque l’adaptabilité nécessaire à ce mode de vie, les ajustements permanents aux aléas du voyage, il précise :

« Je suis libre, je m’arrête où je veux. Pas besoin d’aller loin. Bouger, explorer, aller voir l’ailleurs aide à prendre du recul ».

[ … enfin presque ! ]

Avec une pointe d’ironie, le chaos épidémique du moment l’a conduit à repasser par la France où il est confiné… dans un appartement ! Il compare cet isolement provisoire avec dix jours coincé dans le van sous une pluie incessante et (si vous avez lu jusqu’ici, vous vous en doutez), il relativise. Pour Shams, il serait compliqué de revenir à une vie sédentaire.

« Des choses vont changer dans les mois qui viennent. On est très formatés par l’école, le travail. C’est difficile de décider de vivre autrement, de comprendre qu’il y a d’autres façons de vivre, d’autres priorités »

Peut-être qu’un Digital Nomade peut modestement contribuer à cette prise de conscience ?

Découvrez plus de photos de Shams sur son compte Instagram

Partez en voyage avec Shams sur advanturouslife

Retour au blog